Entheogenes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Attitudes à avoir en face de choses difficiles :

Il n’y a pas de « bad trip » sauf pour ceux qui avaient pris l’enthéogène uniquement pour le plaisir, pour le « good trip ».

En réalité pour trouver la lumière il nous faudra souvent affronter notre obscurité et no démons. Cela fait partie du chemin spirituel. Quelle attitude alors avoir pour utiliser ces « énergies » qui se présentent à nous ?

En fait il faut essayer de développer, puis de garder au maximum lors d’un « voyage » sous enthéogènes, son « Témoin interne», sa « Conscience sans jugement » son « observateur intérieur », celui que l’on expérimente lors de la méditation (cf le livre de M.W.Ball, « Mushroom Wisdom », qui illustre à la fois l’utilité des rituels chamaniques et de la pratique de la méditation bouddhiste pour tirer au mieux profits des expériences sous champignons).

-Accepter en se disant « je sais que je ne vais pas mourir »

-Parler avec la vision en lui demandant « qu’est ce que tu me veux »

-En face d’un «démon » se rappeler que les pouvoirs destructeurs sont une partie de la création. Les choses doivent mourir pour pouvoir naître ; la vie et la mort marchent côte à côte ; la destruction et la création sont partenaires dans une grande danse, et l’apparition d’un démon est donc la possibilité d’un changement profond pour nous.

Exemple (tiré de « Sacred Vine of spirits-Ayahuasca » de R.Metzner) : « L’esprit de l’Ayahuasca se transforma bientôt sous la forme d’une araignée géante/dragon. Ce monstre terrifiant s’approchait de moi si je voulais fuir et s’enfuyait quand je voulais l’approcher. En fin de compte, je décidais de l’approcher et de voir à quel point il était réellement féroce : alors il commença à me manger, en commençant avec ma main. Quand je ne résistais pas, il continuait à me dévorer complètement. Une fois qu’il eut fini de me manger, au lieu que cela soit moi qui disparaisse, ce fût lui qui disparu. Je ne le revis plus jamais comme un araignée/dragon ». -Se rappeler que chaque chose contient son opposé, donc penser à considérer ce qui apparaît comme monstrueux ou menaçant comme ayant un aspect coopératif et bienveillant aussi.

-Le pouvoir de toute manifestation st une forme d’énergie et en tant que telle l’énergie peut être utilisée pour le bien comme pour le mal ; une fois amadouée, le pouvoir du « démon » peut devenir une énergie dirigée vers un objectif positif.

-Quand « l’adversaire » vous apparaît, demandez lui quels dons ou pouvoir il peut vous offrir pour accompagner ceux de vos alliés. Il est d’expérience commune pour les chercheurs en spiritualité de découvrir que les démons et monstres sont en réalités des alliés déguisés, ou, dit d’une autre façon, peuvent devenir des alliés s’ils sont confrontés et amadoués (ne pas les fuir, ni essayer de les détruire, ni céder à leur demande : les confronter et leur de mander de se révéler d’eux-mêmes comme une force positive).

-Exemple de façon de faire face aux difficultés (tiré de « Sacred Vine of spirits-Ayahuasca » de R.Metzner) : « Je notais que lorsque je commençais à m’inquiéter de sensations corporelles, en y pensant de manière hypochondriaque, le flot pulsatile d’images se ralentissait et s’arrêtait. Quand je respirais profondément et arrêtait de m’inquiéter, ce la se remettait en mouvement. Donc, ma première leçon, confirmant ce que mes maîtres de méditation m’avaient appris, était : arrête de t’inquiéter à propos de tes expériences, cela bloque seulement le flux de l’énergie. Alors je notais aussi que quand je jugeais n’importe quel aspect de mes visions comme étant horrible ou mauvais, cela stoppait aussi le flot de l’expérience. En essayant de résister ou d’éliminer les parties indésirables ou inacceptables de mon expérience, je réussissais seulement à les fixer dans le centre de mon attention, et donc, en fait, à les rendre encore plus menaçantes. Le jugement « je ne peux pas supporter de voir cela » retenait cela (quoi que soit ce « cela ») juste en face de moi. Quand je cessais de le juger, l’image se fondait en regagnant le flot en changement incessant des visions. Donc ma deuxième leçon fut : arrête de juger tes expériences en bonnes ou mauvaises- les résistances fixent et magnifient le négatif ».

Ball (cf livre « Mushroom Wisdom ») met en avant deux facteurs protecteurs vis-à-vis du risque de sombrer dans le négatif de l’expérience :Le pouvoir de l’attention (p.106-108) (savoir diriger son attention et ne pas la laisser devenir captive de visualisations, pensées et émotions fortes ; notion d’un choix permanent : sur quelles expériences on veut rediriger notre attention) et de l’intention (p.121-122)(avoir l’intention d’effacer les désirs de notre Ego pour dégager le chemin que l’esprit et la lumière peuvent retrouver en nous pour circuler librement; rôle de l’honnêteté et de l’intégrité) .

Si notre attention n’est pas dirigée par le « témoin intérieur » nous risquons d’être embarqués dans un « bad trip » vis-à-vis duquel nous ne saurons nous différencier et dont nous ne saurons pas reconnaître et intégrer les messages spirituellement. Il s’agit de savoir nous détacher des pensées et émotions (il n’est pas nécessaire de se laisser embarquer par elles), ne pas rester identifié à elles et savoir qu’il est alors possible de rediriger l’attention ailleurs, sur d’autres aspects de l’expérience. Nous ne sommes pas une victime passive de nos pensées et émotions mais pouvons les observer, les nommer, puis les « lâcher », comme en méditation, pour les voir pour ce qu’elles sont, des conditionnements, et rediriger notre attention sur une autre façon de regarder et de contempler l’expérience en cours (à un autre niveau, ou sur un aspect différent, ou sur une autre résonance émotionnelle,etc..).

Si notre intention n’est pas pure, et reflète les besoins de l’Ego, les démons auront de la puissance parce qu’ils refléteront une partie de nous qui pensent que c’est tout ce que l’on mérite; si l’intention est celle d’être un canal conscient pour l’Esprit, quand le chercheur spirituel a de l’honnêteté et de l’intégrité dans son coeur, il peut courageusement faire face aux démons et apprendre d’eux. Il sait que ce qu’il est en train de vivre est sacré et il l’accepte en tant que tel.

Ces « choses négatives » sont des énergies et des consciences, comme nous, et reliés à nous. On peut donc soit :

-se les approprier (s’approprier leur énergie ou leur savoir, leurs forces)

-négocier avec (ce que chacun peut apporter à l’autre, ou si elles peuvent présenter les choses plus clairement ou différemment, ou plus doucement..)

-les contempler pour mieux comprendre la « danse » des forces complémentaires de création et de destruction à l’oeuvre dans tout l’univers -invoquer leur polarité opposée (car tout, dans l’univers, à part le « un » des origines, implique sa propre polarité opposée)

-appeler son animal totem ou une force du « monde d’en haut » pour savoir la bonne attitude à avoir ou demander de l’aide.

Mais, à priori, ne pas combattre de front, ne pas fuir, ni céder forcément à toutes les demandes ou incitations venant de ces « choses négatives

En cas de bad trip

Situation de crise (Emotionnelle, mentale, spirituelle) (tiré de www.sylvanimus.org)

Les situations de crise sont multiples, elles peuvent aller d’accès d’agressivité potentiellement violents à des états de repli sur soi total, de la paranoïa la plus sévère à un comportement compulsif ou psychotique relativement bénin. C’est en fonction des symptômes observés que l’on peut gérer la situation.

Dans la plupart des situations, vous n’aurez pas à provoquer une réaction ou une action particulière de la personne en crise. Il ne s’agit pas de les convaincre de « redescendre » ; ceci en général ne fonctionne pas et ne fait qu’empirer les choses. Assurez-vous qu’elle comprenne que dans le monde extérieur tout va bien, que vous êtes avec elle et que vous la protégez. Assurez-vous qu’elle ne puisse pas se blesser ou blesser quelqu’un d’autre. Si la situation devient incontrôlable, cherchez de l’aide. Quoi que vous décidiez de faire observez l’effet que cela a sur la personne. Si cela a l’air d’aggraver son état, essayez autre chose.

De nombreux guides ou conseilleurs qui ont l’expérience de ces crises spirituelles ou émotionnelles disent que la meilleure chose à faire est de recommander à la personne de se laisse aller, de se laisse porter par ses émotions. Le mantra « respire, relax, laisse-toi aller » a été développé pour les thérapies psychédéliques des années 60 et 70 suite aux observations qui indiquaient que l’état de dissonance émotionnelle et de stress viendrait de ce que la personne lutte et résiste contre des processus internes potentiellement désagréables. Les guides suggèrent que le sentiment dominant provoquant la crise est la peur. Le rôle principal d’un gestionnaire de crise est donc d’aider à créer un espace sécurisant pour la personne.

Petits trucs à essayer toujours en évaluant l’effet que cela a sur la personne que vous accompagniez :

Essayez d’évaluer si elle est « partie très loin ». Pense-t-elle être au même endroit que vous ? Peut-elle indiquer à quelle moment de la journée vous êtes ? Son nom ? Est-elle consciente d’avoir consommé un produit psychoactif ? Rassurez la d’une voix ferme et calme et dites lui que vous êtes avec elle et que vous veillez sur elle. Rappelez-lui que son état de conscience est dû aux effets d’un produit psychoactif et que cela aura une fin. Dites-lui de respirer et de se relaxer. Dites-lui que les crises émotionnelles sont normales. Essayez d’être le plus calme possible quand vous vous adressez à elle, gardez un ton de voix le plus posé possible quand bien même vous vous sentez inquiet aussi. Si cela est possible apportez-lui de l’eau et quelque chose à manger, Asseyez vous et parlez avec elle. Passez un peu de temps près d’elle, Regardez de belles choses,

La personne en crise ne doit pas se sentir seule. A l’inverse, elle ne doit pas non plus se sentir trop opressé...

Chantez ou fredonnez (particulièrement les chansons pour enfants) Caressez ou jouez avec un animal, Allez vous promener, Parlez de bons souvenirs, Dancez, Tenez lui la main.

Les pièges à éviter:

N’essayez pas de la faire redescendre à tout prix. Cela empire souvent les choses. Evitez de la « soûler » avec des questions auxquelles elle ne peut pas répondre. Lui montrer que vous êtes inquiet ou nerveux la fera se sentir encore plus isolée. En règle générale, évitez de faire des activités « compliquées » (fermer une fermeture éclair, arranger la stéréo , les lumières...) Respectez ses besoins et ses limites : Ne la touchez pas si elle ne veut pas être touchée. Laissez la tranquille si c’est ce qu’elle souhaite.


Que faire ?

- Si quelqu’un à l’air d’aller mal, demander lui s’il souhaite la présence de quelqu’un auprès de lui, si cela a l’air de le gêner alors faites en sorte que quelqu’un dans les alentours garde un œil sur lui.

- Mettez-vous au même niveau que lui pour communiquer. Souvent ce qui isole et provoque une sensation de paranoïa c’est que les gens les voit tellement loin qu’ils essayent à tout prix de les faire redescendre. Avant toute chose essayez d’être simplement disponible et essayez de voir le monde tel que lui le voit, au même niveau.

- Vous est-il possible de modifier l’environnement sonore, visuel, la température ? Pouvez-vous aller dehors (ou à l’intérieur si vous êtes dehors) ? Un environnement festif (fête, rave, concert) peut aggraver l’état d’esprit de la personne en crise. Essayez de trouver un endroit tranquille qui semble lui convenir (demandez-lui) et demander aux gens alentour de faire de l’espace, indiquez leur que la situation est contrôlée et notez le nom de ceux qui se sont offerts de vous aider en cas de besoin plus tard.

- Comment pouvez-vous réduire le risque émotionnel ou physique ? Souvenez-vous que ce qui vous importe c’est la personne et ce qu’elle vit et non pas la situation en elle-même.

- Paranoïa : si la personne souhaite rester seule, éviter de la fixer mais faites en sorte de toujours l’avoir au coin de l’œil, aussi discrètement que possible. Imaginez ce que peut ressentir quelqu’un qui traverse une crise de paranoïa, suivi et contrôlé par un étranger (même si vous n’êtes pas un étranger il se peut qu’elle pense que vous l’êtes)

- Quels objets, distractions, pourraient aider une personne à passer ce cap difficile (musique, jouet, animal de compagnie ...)

- "Pas de pression" : Soyez juste là. À moins qu’il y ait un risque de blessure il suffit de leur indiquer que vous êtes là pour eux.

- Toucher. Toucher quelqu’un peut être très efficace mais aussi très intrusif. En règle générale, ne toucher la personne en crise que si elle vous a autorisé à le faire ou si c’est elle qui vous a touché en premier. Si elle est au-delà des mots, observez si elle réagit négativement à votre contact. Évitez de vous laisser entraîner à des contacts d’ordre sexuel. Souvent prendre la main est un geste suffisamment fort,
sans être menaçant, pour faire comprendre à quelqu’un que vous êtes là.

- L’intensité de l’expérience peut être cyclique. Ce peut être un système qui a un début, un milieu et une fin. N’essayez pas de lui faire franchir les étapes trop vite.

- « Ce n’est pas pour toujours » : Si la personne est suffisamment consciente pour se poser la question de sa propre santé mentale, indiquez-lui que son état est dû à la consommation d’un produit psychoactif et que quand cela sera le moment elle retournera à son état normal.

- Dites lui qu’elle expérimente les effets d’un produit psychoactif (si vous savez lequel dites-le lui) et dites lui que bien que cela soit assez peu fréquent il est normal de passer par des crises spirituelles de ce type et que si elle se laisse aller et laisse le produit faire sa route elle sera de nouveau en forme (comme des milliers d’autres personnes avant elle)

- Respirer : respirez avec elle : Si elle est suffisamment consciente faites en sorte qu’elle respire à l’unisson avec vous, avec des respirations profondes et lentes. Si elle est trop loin ou trop paniquée, mettez une main sur son ventre et dites lui de respirez depuis le bas.

- Relax : Se laisser aller alors que vous êtes en train de mourir ou que des démons sont entrain de vus déchiqueter peut être très difficile ! Indiquez leur que vous vous assurez que leur enveloppe charnelle ne risque rien. Une des choses les plus importantes étant de se laisser aller à l’expérience et de ne pas essayer de mettre un terme brutalement à la crise.

- Méditation : Suggérer doucement qu’elle ferme les yeux et qu’elle se concentre sur elle-même. Cela peut changer le cours des choses.

- Pieds nus : être pieds nus est une expérience très enracinante, qui peut ramener quelqu’un « sur terre ». Enlevez chaussures et chaussettes et mettez les pieds directement sur le sol...
en évitant les endroits à risque (verre brisé, aiguilles ...)

- Contact visuel : Si la personne n’est ni paranoïaque ni effrayée croisez son regard le plus possible.

- « Pour moi tout va bien » : Faites lui comprendre qu’alors même que le monde est en train de s’écrouler pour elle, pour vous, ici et maintenant, tout va bien.

- Processus sain : Les crises font partie du développement psychologique des humains. C’est ainsi qu’il faut les appréhender et non les transformer en problème à résoudre. Cf Grof, Bill Richard , et al.

- Il est difficile de parler, d’établir le contact avec d’autres, voir même d’être conscient de la présence d’autrui quand on traverse une crise. Si vous êtes assis avec une personne qui est dans cet état, soyez à l’écoute de ce qu’elle raconte. Si cela paraît utile et approprié vous pouvez leur poser des questions simples sur leur expérience.

- Quelles couleurs vois-tu ? Est ce que tu es triste ? Quel âge as-tu ?

- Il est probable que les réponses soient métaphoriques, peu concrètes :
toutes les couleurs, je suis aussi vieux que la rivière (etc) ne vous attendez pas à soutenir une conversation normale.

- Certaines personnes ont déclaré qu’une des choses les plus réconfortantes qu’il soit est d’être enveloppé dans une couverture. Nous ne soulignerons jamais assez l’importance d’avoir à disposition, pour faire face à une urgence, une couverture bien lourde.

Précautions avec les psilocybes (et autres enthéogènes aussi)

Réduction des risques :

- Mieux vaut être accompagné d’une personne expérimentée en qui vous avez confiance. Au besoin, elle pourra vous rassurer ou vous guider. - Commencez par une petite dose.

- Substances prohibée pendant la grossesse et l’allaitement.

- Pour certains usagers, la vie peut sembler terne sans drogues psychédéliques. S’en tenir à un usage occasionnel limite les risques de dépendance psychologique. A ce titre, il est vous déconseiller de consommer plus de 3 à 4 fois par an.

En cas de flip ou de mauvais voyage (bad trip) : Il pourrait vous être précieux de posséder ces conseils sur un papier dans votre poche durant l’expérience ...

Si vous ressentez une anxiété incontrôlable, une peur de devenir fou, rappelez-vous que vous êtes sous l’influence d’une substance psychédélique et que cet effet se dissipera avec le temps (généralement cela ne dépasse pas plus de 4 heures).

Recherchez un environnement apaisant et faites appel à une personne de confiance. Calmez votre respiration. Laissez-vous porter par l’expérience. Lutter contre elle ne ferait qu’empirer la situation. Essayez simplement de vous changer les idées (par exemple en regardant un film comique).

Si vous êtes en compagnie de quelqu’un qui flippe, restez à ses côtés en lui apportant sécurité et bienveillance.

Montrez-vous très rassurant quant au temps qui s’écoule. De légers changements d’ambiance peuvent aussi l’aider (musique douce, lumière tamisée, ...). Si la panique se prolonge au-delà d’une heure, appelez le médecin et informez-le de la cause de la panique.

Rappelez vous ceci :

1 - vous n’êtes pas mort, le temps passe toujours, vous redeviendrez vous-même dans peu de temps. Acceptez ce qui se passe et n’y résistez pas, en y résistant vous le renforcer.

2 - le bad trip est de source émotionnelle et mentale (une émotion négative entraîne une idée négative qui entraîne une émotion négative et c’est parti ... ) : la musique casse cette boucle d’idée (focalisation sur autre chose) : -> La musique délivre très facilement du bad trip !

Informations supplémentaires, selon les dosages : Erowid

Quelques précautions avec l'ayahuasca


L'importance d'un chamane lors de l'utilisation de l'ayahuasca

(tiré de http://forum.aceboard.net/83265-2006-5110-0-ayahuasca-chez-guerisseurs-haute-amazonie-peruvienne.htm) Il est impératif que l’hallucination par l’ayahuasca se déroule sous contrôle d’un maestro entraîné. En effet, l’expérience n’est pas dénuée de dangers. Il est toujours possible qu’à travers l’intensité de l’ivresse le patient évolue vers des visions effrayantes (bad trip) qui, si elles n’étaient pas canalisées, pourraient provoquer de véritables états d’épouvante accompagnés de troubles de la conduite ou de déstabilisation mentale.

Au cours de l’apprentissage, l’élève doit obtenir une maîtrise progressive de ces états de conscience « négatifs » qu’il doit être à même de prévenir ou de dominer seul si nécessaire, chez lui-même et chez les autres.

Les hallucinations dangereuses peuvent provenir :

du sujet lui même qui ne peut faire face à ses propres visions et s’empêtre dans ses contradictions ; des interférences incontrôlées de participants à la session ; des interférences dues à l’environnement direct (disposition des lieux, manifestations intempestives-lumières-bruits-odeurs, présence de certains objets, etc…) ; des interventions extérieures attribuées soit à des actes de sorcellerie (les ennemis), soit à l’esprit des défunts, de génies ou autres entités surnaturelles ; de la préparation elle-même (en qualité ou quantité).

Il convient de signaler que la dangerosité des visions « négatives » est relative. Autrement dit, le maestro n’intervient pas systématiquement pour les supprimer : elles peuvent faire partie intégrale du traitement.

Le maestro se doit d’avoir un bon contrôle sur les divers facteurs modifiant l’hallucination. En dehors des éléments cités ci-dessus, les influences suivantes jouent un rôle essentiel :

- le maestro lui même : sa psychologie, son style de pratique, son niveau d’évolution personnelle, sa maturité ; - l’attitude mentale du sujet ou ses prédispositions conscientes et inconscientes : elles demeurent fondamentales dans la qualité de son ivresse. Les quelques cas de patients qui ont pris l’ayahuasca plus de force que de gré ont abouti soit à l’absence d’ivresse soit à une ivresse désagréable. L’attitude intérieure et l’humeur générale du sujet influent puissamment sur la qualité de son expérience ; - l’alimentation habituelle et juste avant la séance ; - l’absence de relations sexuelles dans les heures précédant la séance : si le sujet a maintenu un rapport sexuel et qui plus est, s’il ne s’est pas lavé ensuite, l’ivresse peut être extrêmement désagréable pour lui même et les autres participants ; - l’absence de femme en période menstruelle : lors de ses règles, la femme ne peut participer aux séances, ce qui constituerait un danger collectif et personnel ; - la posture du sujet pendant la séance : la position du corps influe sur l’hallucination probablement par l’intégration des sensations extero et proprioceptives aux visions. Mais la position déclive de la tête déclenche des visions très négatives. Le maestro interdit donc de s’allonger (également pour éviter l’inhalation de vomissements intempestifs) ou de se pencher profondément en avant.

Au cours de notre travail d’enquête, nous avons eu l’occasion de vivre au moins une fois tous ces cas de figure et de les éprouver. Il ne s’agit pas d’attitudes arbitraires à caractère symbolique mais de facteurs réels bien que non systématiques. En effet, il nous a aussi été donné de vivre des situations où l’une ou l’autre de ces règles n’ait pas été respectée et sans que des conséquences dommageables soient enregistrées.

Les effets thérapeutiques de l’ayahuasca impliquent évidemment une bonne conduite des séances. Les remarques qui vont suivre présupposent que cette condition soit remplie.

Les Modifications de l’hallucination grâce au chamane.

Le maestro a la possibilité d’augmenter ou de diminuer l’intensité de l’hallucination collective ou particulière à l’aide de différentes techniques :

- la « soplada » : consiste à souffler du tabac sur le corps du patient et principalement sur le vertex crânien (la « corona »). La soplada peut s’effectuer tout en mastiquant un morceau de cannelle et en fumant le tabac fort (mapacho). La soplada peut se faire à l’aide de liquides pulvérisés avec la bouche sur la « corona », le visage ou le corps du patient. Le maestro utilise principalement le camphre dissous dans de l’eau de vie (parfois additionnée d’oignons blancs et d’ail), l’Agua Florida, des parfums divers, de la thymolina. - L’imposition des mains qui s’effectue généralement sur la corona ou sur une partie du corps douloureuse ; - L’eau versée sur la nuque ou sur le crâne du patient ; - La lumière pour rompre l’obscurité ; - Le battement rythmique de branches ou feuilles sèches (schapaca) sur ou au-dessus de la tête du sujet ; - L’inhalation de parfums, camphre, citron fraîchement coupé, etc… - L’ingestion de liquides rafraîchissants : eau simple, citronnade, etc… - La « chupada » : consiste en une aspiration buccale effectuée par le maestro sur ou au-dessus d’une partie du corps du patient et préférentiellement la « corona » ou les tempes. Auparavant, le maestro s’emplit la bouche d’un liquide (eau « chargée » par icaro) puis le recrache ayant aspiré l’ivresse. En d’autres occasions, il fume afin de régurgiter un flegme stomacal qu’il a acquis au cours de son travail et qui demeure permanent. Ce « yachay » permet d’aspirer l’ivresse ou « le mal » et est ensuite recraché.

L’ayahuasca « réchauffe » le corps. Le tabac aura donc tendance à augmenter l’ivresse et l’hallucination, qu’il soit soufflé par le maestro ou fumé directement par l’intéressé.

Les liquides pulvérisés ou utilisés dans la « chupada » refroidissent et par conséquent diminuent ou ôtent l’ivresse.

Les parfums inhalés tendent à augmenter l’ivresse mais peuvent aussi agir en sens inverse (citron coupé, camphre).

Par contre, l’imposition des mains, le chant rituel (icaro) et le battement rythmique de la shapaca peuvent agir dans l’un et l’autre sens selon la volonté du maestro.

Dans une session « normale », le maestro n’intervient que par ses icaros , la shapaca et l’émission de sons imitant des cris d’animaux ou grâce à un instrument de musique (assez rare). Il laisse donc se dérouler l’hallucination qui s’estompe d’elle même à la fin.

Dans la première demi-heure, assez souvent, il souffle de la fumée de sa pipe (cashimba) sur chacun des participants afin de lancer l’hallucination et de la canaliser (enderezar la mareaciòn). La cashimba, très personnelle, a été « chargée » par immersion dans la marmite d’ayahuasca lors de la phase finale de cuisson (« la refinada ») : elle s’imprègne donc progressivement des constituants du breuvage.

Il est recommandé aux patients de ne pas manger après le repas du midi précédant la session afin de faciliter l’ivresse et réduire les nausées. Cependant, nous avons observé bien des cas où des patients ont ingéré l’ayahuasca après un souper copieux ou même une sérieuse imprégnation alcoolique. L’hallucination peut quand même avoir lieu.

De même, le patient est appelé à jeûner jusqu’au déjeuner du lendemain.

Nous avons déjà signalé l’impératif d’abstinence sexuelle avant la session et plus encore immédiatement après la session.

Lorsque le niveau collectif d’hallucination est bas ou lorsqu’un individu n’arrive pas à « décoller », le maestro peut intervenir pour augmenter l’ivresse. A défaut, une seconde dose d’ayahuasca peut être proposée.

A l’inverse, si l’ivresse est très forte et l’hallucination insupportable, le maestro peut intervenir pour diminuer ou ôter totalement l’ivresse en un temps parfois extrêmement bref de quelques minutes (« chupar la mareaciòn »).

Nous avons eu nous mêmes l’occasion d’expérimenter l’influence des pratiques du maestro sur l’hallucination, son intensité, sa nature, son évolution, son contenu, sa durée, pour les affirmer efficientes. Qui plus est, en certaines occasions, nous avons nous-même agi sur l’hallucination d’autres participants par ces mêmes techniques, une fois qu’il nous a été permis de les utiliser.

Le cadre, le contexte et l'état d'esprit

Ce qui permettra que le voyage spirituel sous enthéogène soit une expérience enrichissante et avec le maximum de sécurité physique et psychique

Propulsé par Dotclear.
Thème par evil.bert,