La kétamine
Par olivier, dans Présentation des diverses susbtances -# 53 - Fil RSS
Kétamine
a) Présentation
L’hydrocloride de kétamine est un médicament prescrit en anesthésie générale qui induit des expériences psychédéliques profondes lors de son administration à des doses infra-anesthésiques. La kétamine a été synthétisée en 1962 par un chimiste américain du nom de Calvin Stevens, et en 1966, le laboratoire Parke-Davis, le breveta pour une utilisation en anesthésie humaine. La kétamine devint l’anesthésique le plus utilisé durant la guerre du Vietnam, lorsque les chirurgiens et anesthésistes américains devinrent familier avec ce produit. En 1970, l’agence du médicament américaine, la F.D.A., approuva l’utilisation de la kétamine avec les enfants, les adultes, et les personnes âgées. Depuis cette moment là, la kétamine a été très largement utilisée en hôpital ou en cabinet médical, du fait de sa grande marge de sécurité (contrairement aux autres anesthésiques elle ne nécessite pas d’assistance cardio-respiratoire), son début d’action rapide (5 minutes en I.M.), et sa courte durée d’action (une heure) .
Plus de 7000 publications décrivent la grande efficacité, et la sûreté au niveau biologique, de la kétamine (Shapiro et al., 1972 ; Reich et Silvay, 1989 ; Ross et Fochtman, 1995 ; Dachs et Innes, 1997 ; Bauman et al., 1999 ; Ersek, 2004).
Les études cliniques n’ont décelé aucune altération comportementale au long cours ni aucun trouble de la personnalité qui auraient résulté de l’utilisation de la kétamine (Siegal, 1978).
Il s’agit d’une substance d’action rapide, n’appartenant ni à la classe des narcotiques ni à celle des barbituriques, qui a été appelée anesthésique « dissociatif » parce qu’elle apparaît déconnecter l’esprit du corps, à la différence des anesthésiques conventionnels, qui éteignent la conscience. Cette action dissociative de la kétamine créé ce qui est décrit comme un « phénomène d’émergence », un état non ordinaire de conscience durant lequel la conscience et les perceptions sont profondément changés et radicalement redirigées . Le patient perd contact avec la réalité extérieure et s’engage dans une expérience psychédélique profonde. Cette expérience peut comprendre (Khorramzadeh et Lofty, 1976 ; Moore et Altounian, 1978 ; Weil et Rosen, 1983 ; Lilly, 1988 ; Krystal et al., 1994, Krupitsky et Grinenko 1997) :
- le sentiment que l’on a quitté son corps (« out of body experience » de la littérature anglo-saxonne) ;
- la conscience de devenir un être non physique ;
- des visions possédant une grande intensité émotionnelle ;
- un sentiment de dissolution de l’Ego et de perte d’identité ;
- la rencontre de mondes mythologiques ;
- un revécu du processus de la naissance ;
- des rêves très vivides ou des souvenirs concernant des incarnations passées ;
- des rencontres avec des êtres archétypaux ;
- l’expérience de mort et renaissance psychologique de l’ego ;
- des sentiments d’unité cosmique avec l’humanité, la nature, l’univers, et Dieu.
Un expérience Psychédélique profonde, durant de 45 minutes à une heure, est induite par des doses de kétamine correspondant à un sixième à un dixième de celles typiquement utilisées en chirurgie pour l’anesthésie générale.
En plus de l’expérience trans-personnelle, la kétamine induit souvent une expérience psychodynamique, une sorte de passage en revue de sa propre vie, reliée à l’histoire et aux schémas de comportements maladaptés du patient, qui lui sont présentés sous forme symbolique au cours de son expérience visionnaire.
b) Quelques-uns des travaux sur la kétamine
L’exploration de l’utilisation de la kétamine en tant qu’agent psychothérapeutique commença à la fin des années 60 avec l’oeuvre de Lilly (1988), qui conduisit une recherche sur les états de conscience modifiés provoqués par la kétamine, administrée dans ou en dehors d’un caisson d’isolation sensorielle.
Lilly détermina la relation dose/effets de la kétamine. Il trouva qu’en injection intra-musculaire, des doses inférieures à 25 mg ne produisent pas de visions, des doses entre 30 et 75 mg produisent des images visuelles avec les yeux fermés, des doses entre 75 et 150 mg permettent au patient d’extérioriser l’expérience visuelle et amènent l’esprit à se détacher du corps, des doses entre 150 et 300mg provoquent une dissociation complète du corps physique et le sujet devient le participant d’une expérience visuelle intense, et, enfin, des doses supérieures à 300mg font tomber dans l’inconscience complète (Lilly, 1988, pp.168-175).
Le Docteur Evgeny Krupitsky, un chercheur Russe, a montré des résultats très prometteurs pour le traitement des personnes dépendantes à l’alcool et à l’héroïne, grâce à l’utilisation du psychédélique dissociatif qu’est la kétamine (Krupitsky et col., 2002 ; Krupitsky et col., 2001 ; Krupitsky et Grinenko, 1997). Dans une étude co-sponsorisée par la MAPS et le HRI, le Dr Krupitsky a trouvé que les sujets du groupe expérimental qui recevaient une haute dose, psychédélique, de la kétamine avaient un taux d’abstinence significativement plus grand, lors d’un suivi à deux ans, que les gens ayant reçu seulement une petite dose, sub-psychédélique, de kétamine. Il a aussi trouvé que des séances multiples de thérapie assistée par la kétamine étaient plus efficaces qu’une seule séance, montrant ainsi que le modèle de « la dose unique miracle » devait être remplacé par un modèle plus réaliste de séances répétées dans le temps (Krupitsky et col., 2007).Malheureusement, du fait de l’augmentation de la consommation non médicale de la kétamine en Russie, et du refus du gouvernement russe de permettre la continuation des recherches avec cette substance pour le traitement de l’addiction, Krupitsky a dû interrompre son programme d’études.
Commentaires
#1 - Le samedi 16 août 2008 à 21:05, par Calciums Gas Appearances
#2 - Le samedi 16 août 2008 à 21:29, par Multiplication Tadle
#3 - Le samedi 16 août 2008 à 21:41, par Eastern Mountail Sports
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#6 - Le samedi 16 août 2008 à 23:25, par Marketing And Public Relations Management