Il n’y a pas de « bad trip » sauf pour ceux qui avaient pris l’enthéogène uniquement pour le plaisir, pour le « good trip ».

En réalité pour trouver la lumière il nous faudra souvent affronter notre obscurité et no démons. Cela fait partie du chemin spirituel. Quelle attitude alors avoir pour utiliser ces « énergies » qui se présentent à nous ?

En fait il faut essayer de développer, puis de garder au maximum lors d’un « voyage » sous enthéogènes, son « Témoin interne», sa « Conscience sans jugement » son « observateur intérieur », celui que l’on expérimente lors de la méditation (cf le livre de M.W.Ball, « Mushroom Wisdom », qui illustre à la fois l’utilité des rituels chamaniques et de la pratique de la méditation bouddhiste pour tirer au mieux profits des expériences sous champignons).

-Accepter en se disant « je sais que je ne vais pas mourir »

-Parler avec la vision en lui demandant « qu’est ce que tu me veux »

-En face d’un «démon » se rappeler que les pouvoirs destructeurs sont une partie de la création. Les choses doivent mourir pour pouvoir naître ; la vie et la mort marchent côte à côte ; la destruction et la création sont partenaires dans une grande danse, et l’apparition d’un démon est donc la possibilité d’un changement profond pour nous.

Exemple (tiré de « Sacred Vine of spirits-Ayahuasca » de R.Metzner) : « L’esprit de l’Ayahuasca se transforma bientôt sous la forme d’une araignée géante/dragon. Ce monstre terrifiant s’approchait de moi si je voulais fuir et s’enfuyait quand je voulais l’approcher. En fin de compte, je décidais de l’approcher et de voir à quel point il était réellement féroce : alors il commença à me manger, en commençant avec ma main. Quand je ne résistais pas, il continuait à me dévorer complètement. Une fois qu’il eut fini de me manger, au lieu que cela soit moi qui disparaisse, ce fût lui qui disparu. Je ne le revis plus jamais comme un araignée/dragon ». -Se rappeler que chaque chose contient son opposé, donc penser à considérer ce qui apparaît comme monstrueux ou menaçant comme ayant un aspect coopératif et bienveillant aussi.

-Le pouvoir de toute manifestation st une forme d’énergie et en tant que telle l’énergie peut être utilisée pour le bien comme pour le mal ; une fois amadouée, le pouvoir du « démon » peut devenir une énergie dirigée vers un objectif positif.

-Quand « l’adversaire » vous apparaît, demandez lui quels dons ou pouvoir il peut vous offrir pour accompagner ceux de vos alliés. Il est d’expérience commune pour les chercheurs en spiritualité de découvrir que les démons et monstres sont en réalités des alliés déguisés, ou, dit d’une autre façon, peuvent devenir des alliés s’ils sont confrontés et amadoués (ne pas les fuir, ni essayer de les détruire, ni céder à leur demande : les confronter et leur de mander de se révéler d’eux-mêmes comme une force positive).

-Exemple de façon de faire face aux difficultés (tiré de « Sacred Vine of spirits-Ayahuasca » de R.Metzner) : « Je notais que lorsque je commençais à m’inquiéter de sensations corporelles, en y pensant de manière hypochondriaque, le flot pulsatile d’images se ralentissait et s’arrêtait. Quand je respirais profondément et arrêtait de m’inquiéter, ce la se remettait en mouvement. Donc, ma première leçon, confirmant ce que mes maîtres de méditation m’avaient appris, était : arrête de t’inquiéter à propos de tes expériences, cela bloque seulement le flux de l’énergie. Alors je notais aussi que quand je jugeais n’importe quel aspect de mes visions comme étant horrible ou mauvais, cela stoppait aussi le flot de l’expérience. En essayant de résister ou d’éliminer les parties indésirables ou inacceptables de mon expérience, je réussissais seulement à les fixer dans le centre de mon attention, et donc, en fait, à les rendre encore plus menaçantes. Le jugement « je ne peux pas supporter de voir cela » retenait cela (quoi que soit ce « cela ») juste en face de moi. Quand je cessais de le juger, l’image se fondait en regagnant le flot en changement incessant des visions. Donc ma deuxième leçon fut : arrête de juger tes expériences en bonnes ou mauvaises- les résistances fixent et magnifient le négatif ».

Ball (cf livre « Mushroom Wisdom ») met en avant deux facteurs protecteurs vis-à-vis du risque de sombrer dans le négatif de l’expérience :Le pouvoir de l’attention (p.106-108) (savoir diriger son attention et ne pas la laisser devenir captive de visualisations, pensées et émotions fortes ; notion d’un choix permanent : sur quelles expériences on veut rediriger notre attention) et de l’intention (p.121-122)(avoir l’intention d’effacer les désirs de notre Ego pour dégager le chemin que l’esprit et la lumière peuvent retrouver en nous pour circuler librement; rôle de l’honnêteté et de l’intégrité) .

Si notre attention n’est pas dirigée par le « témoin intérieur » nous risquons d’être embarqués dans un « bad trip » vis-à-vis duquel nous ne saurons nous différencier et dont nous ne saurons pas reconnaître et intégrer les messages spirituellement. Il s’agit de savoir nous détacher des pensées et émotions (il n’est pas nécessaire de se laisser embarquer par elles), ne pas rester identifié à elles et savoir qu’il est alors possible de rediriger l’attention ailleurs, sur d’autres aspects de l’expérience. Nous ne sommes pas une victime passive de nos pensées et émotions mais pouvons les observer, les nommer, puis les « lâcher », comme en méditation, pour les voir pour ce qu’elles sont, des conditionnements, et rediriger notre attention sur une autre façon de regarder et de contempler l’expérience en cours (à un autre niveau, ou sur un aspect différent, ou sur une autre résonance émotionnelle,etc..).

Si notre intention n’est pas pure, et reflète les besoins de l’Ego, les démons auront de la puissance parce qu’ils refléteront une partie de nous qui pensent que c’est tout ce que l’on mérite; si l’intention est celle d’être un canal conscient pour l’Esprit, quand le chercheur spirituel a de l’honnêteté et de l’intégrité dans son coeur, il peut courageusement faire face aux démons et apprendre d’eux. Il sait que ce qu’il est en train de vivre est sacré et il l’accepte en tant que tel.

Ces « choses négatives » sont des énergies et des consciences, comme nous, et reliés à nous. On peut donc soit :

-se les approprier (s’approprier leur énergie ou leur savoir, leurs forces)

-négocier avec (ce que chacun peut apporter à l’autre, ou si elles peuvent présenter les choses plus clairement ou différemment, ou plus doucement..)

-les contempler pour mieux comprendre la « danse » des forces complémentaires de création et de destruction à l’oeuvre dans tout l’univers -invoquer leur polarité opposée (car tout, dans l’univers, à part le « un » des origines, implique sa propre polarité opposée)

-appeler son animal totem ou une force du « monde d’en haut » pour savoir la bonne attitude à avoir ou demander de l’aide.

Mais, à priori, ne pas combattre de front, ne pas fuir, ni céder forcément à toutes les demandes ou incitations venant de ces « choses négatives