Peyotl, San Pedro, et Mescaline
Par olivier, dans Présentation des diverses susbtances -# 38 - Fil RSS
La Mescaline, Le San Pedro, et le Peyotl (ou Peyote)
La molécule de mescaline est présente à l'état naturel dans différents cactus (famille des cactacées) dont le Lophophora Williamsii (ou peyotl), le Trichocereus Pachanoi (San Pedro) et le Trichocereus Peruvianus (peruvian torch).
Pratiquement, nous rencontrerons la mescaline principalement dans deux cactus: le Peyotl et le San Pedro.
Les effets expérimentés après la consommation de cette médecine unique est de l’ordre d’un sentiment d’énergie combiné à du bien-être lorsque pris en petites quantités (bien que cela soit souvent précédé d’une brève période de léthargie), à une expérience visionnaire complète lorsque de plus grandes quantités sont ingérées.
Parfois, les individus peuvent expérimenter des troubles de l’estomac ou des nausées durant les premières heures, bien que ce ne soit pas toujours le cas.
Les nausées, vomissements, et les effet physiques sont bien plus forts avec le cactus Peyotl, le cactus San Pedro étant réputé plus doux et ayant un usage plus agréable.Les effets psychiques notables durent 10 heures ou plus.
Les « pratiquants » avertis reconnaissent et accueillent les sensations provoquées par ce “médicament” qui fonctionne avec eux comme une bénédiction physique et psychique. Les bénéfices positifs apportés par les cactus à mescaline sont probablement si variés que la plupart des gens qui l’ont trouvé considèrent qu’il joue un rôle extrêmement important dans leurs vies.
•Le San Pedro, ou Trichocereus Pachanoi ou Echinopsis pachanoi ssp. pachanoi (et dans une moindre mesure, car plus épineux, les ssp. peruvianus et puquiensis) est utilisé depuis fort longtemps par les populations locales pour ses propriétés psychotropes liées à la présence de mescaline. Sa croissance bien plus rapide et facile que le peyotl, en font actuellement une source bon marché de mescaline. Il est aussi appelé aguacolla, gigantou, san pedrillo, huando hermoso, cardo, huachuma.
Le San Pedro est un cactus cierge relativement peu épais, souvent sans épines. Il y a plusieurs types de San Pedro, distingués par le nombre de leurs rainures longitudinales. L’espèce que les curanderos utilisent le plus est à sept rainures. Le cactus à 4 rainures, très rare, est réputé posséder des vertus curatives particulières. Mais ce sont les espèces récoltées dans les hautes terres des Andes, quel que soit le nombre de leurs rainures, que l’on considère comme les plus puissantes, à cause de la richesse minérale du sol qui les a nourries.
En 1945, Gillin fut le premier chercheur à observer et à noter le rôle du cactus hallucinogène connu sous le nom de San Pedro. En 1960, Friedberg envoya un spécimen à Poisson, de la faculté de médecine de Paris, et Poisson détecta la mescaline (1,2g par kilo de matériel frais) comme l’alcaloïde actif dans le Trichocereus Pachanoi.
Cependant c’est l’un des premiers enthéogènes dont la race humaine fit usage dans son histoire. Ainsi, au Pérou, on en retrouve une représentation sur un haut relief du temple de Chavín à Huantar datant d'environ 1300 ans av. J.C. Des représentations en céramique un peu plus récentes (1000 av. J.C.), parfois en combinaison avec un jaguar, ont également été retrouvées près de Casma, au nord de Lima. Comme Furst l’ noté, l’identification du San Pedro, ou d’une espèce voisine, sur des urnes funéraires rituelles, en céramique, et sur des tissages, de la période Chavin, fait de ce cactus la seconde substance psychédélique à propos de laquelle nous ayons des repères archéologiques, la première étant la Paraphernalia : pour cette dernière les signes remontent à 4000 ans, au site de Huaca Prieta, sur la côte.
Ce cactus était utilisé pour communiquer avec les esprits, notamment à des fins thérapeutiques au cours de cérémonies longues où il sert d'abord au diagnostic, puis au traitement. Préparé et mélangé à d'autres plantes psychotropes ou curatives telles le Datura, certains Brugmansia, Neoraimondia arequipensis ou Pedilanthus tithymaloides, puis absorbé, souvent par le nez, en combinaison avec du tabac, par des participants à jeun, il provoque, en sus des hallucinations, nausées et vomissements qui participent du processus de purification D'abord combattues par l'église qui y voyait une pratique satanique, ces cérémonies sont aujourd'hui tolérées dans leurs pays d'origine. En Equateur, les shamans disposent même d'une carte professionnelle plastifiée justifiant de leur droit à exercer la médecine traditionnelle qui ne se réduit pas au San Pedro, loin s'en faut. En France, la mescaline est une substance dont la production, le commerce, la détention ou l'usage sont évidemment prohibés. Mais, contrairement à l'Italie qui interdit le commerce et la détention de toute plante contenant de la mescaline, la culture et la vente d'Echinopsis pachanoi reste libre. Cependant une vente de cette plante à l'usage de drogue, ou une consommation, seraient susceptibles de poursuites pénales en applications de textes plus généraux. En conclusion, il n'est pas inutile de rappeler que la concentration en mescaline d'une plante varie fortement selon les conditions de culture, et que nos plantes contiennent probablement plus d'insecticides systémiques que de substances psychotropes. Echinopsis pachanoi est également utilisé comme ornemental et comme haie vive.
La préparation de San Pedro, en vue de l’utiliser au cours d’une séance de gérison, est un processus très simple. Le jour de la séance, à midi, on coupe quatre petit cactus (les moins épais donnant les meilleurs breuvages) en fines tranches, comme du pain, on les met dans 20 litres d’eau, où ils bouillent pendant sept heures. La plupart du temps, on n’ajoute rien à la potion de san pedro.
La composante chamanique est particulièrement apparente dans l’attitude envers le cactus psychédélique, et dans son usage. San Pedro est le catalyseur qui active toutes les forces complexes au travail dans une séance de guérison, à commencer par les pouvoirs visionnaires et divinatoires du curandero lui-même. Cependant, dans le processus consistant à apprendre à voir, bien d’autres éléments que le seul cactus enthéogène sont à l’œuvre. « Voir » au-delà du monde « réel » exige beaucoup de travail, un long entraînement,et, probablement, un type de prédisposition psychologique, combiné à un certain conditionnement culturel, ou à une certaine volonté d’auto-conditionnement (« croire pour voir »).
Le livre de Douglas Sharon, « Le cactus San Pedro dans la médécine populaire péruvienne » (l’Esprit Frappeur, 2000), donne des indications très intéressantes sur la façon dont un chamane utilise le San pedro pour la divination et la guérison.
•Le Peyotl ( Lophophora Williamsii) est un petit (moins de 12 cm de diamètre), cactus arrondi muni de touffes crépues en lieu et place d’épines. Il mesure rarement plus de 2 cm au-dessus de la surface du sol. La partie la plus grande du cactus est en fait située sous le sol, dans la longue racine ressemblant à une grosse carotte. La portion du dessus est le "bouton" qui est coupé et consommé frais ou sec. Habituellement, de quatre à une douzaine de boutons sont mangés ou infusés.
Des mythes concernant la présence de strychnine dans ces boutons circulent souvent, mais cette substance est complètement absente du Peyotl.
Le Peyotl est une sorte d’usine à alcaloïdes, produisant de la mescaline et plus de 50 composants qui lui sont chimiquement reliés.
Le Peyotl a une longue histoire d’usage en tant que médecine ou sacrement. Le commerce préhistorique et le savoir acquis au sujet des cactus sacrés étaient apparemment bien établis avant la conquête Européenne du Mexique. En ce temps-là, les Inquisiteurs Espagnols déclarèrent son usage être un crime répréhensible à l’égard de Dieu. Ironiquement, les Péyotistes natifs, qui se servaient de ces humbles cactus comme d’un guide divin inspirateur, devinrent parfois des cibles de l’impitoyable évangélisme. Comme dans le cas du Teonanacatl, le champignon sacré de la Méso-Amérique, le fait que la religion “Péyotienne” continue à exister malgré des siècles de persécution est un testament de son importance dans la vie spirituelle de beaucoup.