En cas de bad trip
Par olivier, dans Précautions à prendre -# 30 - Fil RSS
Situation de crise (Emotionnelle, mentale, spirituelle) (tiré de www.sylvanimus.org)
Les situations de crise sont multiples, elles peuvent aller d’accès d’agressivité potentiellement violents à des états de repli sur soi total, de la paranoïa la plus sévère à un comportement compulsif ou psychotique relativement bénin. C’est en fonction des symptômes observés que l’on peut gérer la situation.
Dans la plupart des situations, vous n’aurez pas à provoquer une réaction ou une action particulière de la personne en crise. Il ne s’agit pas de les convaincre de « redescendre » ; ceci en général ne fonctionne pas et ne fait qu’empirer les choses. Assurez-vous qu’elle comprenne que dans le monde extérieur tout va bien, que vous êtes avec elle et que vous la protégez. Assurez-vous qu’elle ne puisse pas se blesser ou blesser quelqu’un d’autre. Si la situation devient incontrôlable, cherchez de l’aide. Quoi que vous décidiez de faire observez l’effet que cela a sur la personne. Si cela a l’air d’aggraver son état, essayez autre chose.
De nombreux guides ou conseilleurs qui ont l’expérience de ces crises spirituelles ou émotionnelles disent que la meilleure chose à faire est de recommander à la personne de se laisse aller, de se laisse porter par ses émotions. Le mantra « respire, relax, laisse-toi aller » a été développé pour les thérapies psychédéliques des années 60 et 70 suite aux observations qui indiquaient que l’état de dissonance émotionnelle et de stress viendrait de ce que la personne lutte et résiste contre des processus internes potentiellement désagréables. Les guides suggèrent que le sentiment dominant provoquant la crise est la peur. Le rôle principal d’un gestionnaire de crise est donc d’aider à créer un espace sécurisant pour la personne.
Petits trucs à essayer toujours en évaluant l’effet que cela a sur la personne que vous accompagniez :
Essayez d’évaluer si elle est « partie très loin ». Pense-t-elle être au même endroit que vous ? Peut-elle indiquer à quelle moment de la journée vous êtes ? Son nom ? Est-elle consciente d’avoir consommé un produit psychoactif ? Rassurez la d’une voix ferme et calme et dites lui que vous êtes avec elle et que vous veillez sur elle. Rappelez-lui que son état de conscience est dû aux effets d’un produit psychoactif et que cela aura une fin. Dites-lui de respirer et de se relaxer. Dites-lui que les crises émotionnelles sont normales. Essayez d’être le plus calme possible quand vous vous adressez à elle, gardez un ton de voix le plus posé possible quand bien même vous vous sentez inquiet aussi. Si cela est possible apportez-lui de l’eau et quelque chose à manger, Asseyez vous et parlez avec elle. Passez un peu de temps près d’elle, Regardez de belles choses,
La personne en crise ne doit pas se sentir seule. A l’inverse, elle ne doit pas non plus se sentir trop opressé...
Chantez ou fredonnez (particulièrement les chansons pour enfants) Caressez ou jouez avec un animal, Allez vous promener, Parlez de bons souvenirs, Dancez, Tenez lui la main.
Les pièges à éviter:
N’essayez pas de la faire redescendre à tout prix. Cela empire souvent les choses. Evitez de la « soûler » avec des questions auxquelles elle ne peut pas répondre. Lui montrer que vous êtes inquiet ou nerveux la fera se sentir encore plus isolée. En règle générale, évitez de faire des activités « compliquées » (fermer une fermeture éclair, arranger la stéréo , les lumières...) Respectez ses besoins et ses limites : Ne la touchez pas si elle ne veut pas être touchée. Laissez la tranquille si c’est ce qu’elle souhaite.
Que faire ?
- Si quelqu’un à l’air d’aller mal, demander lui s’il souhaite la présence de quelqu’un auprès de lui,
si cela a l’air de le gêner alors faites
en sorte que quelqu’un dans les alentours garde un œil sur lui.
- Mettez-vous au même niveau que lui pour communiquer. Souvent ce qui isole et provoque
une sensation de paranoïa c’est que les gens les voit tellement loin qu’ils essayent à tout prix
de les faire redescendre. Avant toute chose essayez d’être simplement disponible et essayez
de voir le monde tel que lui le voit, au même niveau.
- Vous est-il possible de modifier l’environnement sonore, visuel, la température ?
Pouvez-vous aller dehors (ou à l’intérieur si vous êtes dehors) ? Un environnement festif
(fête, rave, concert) peut aggraver l’état d’esprit de la personne en crise. Essayez
de trouver un endroit tranquille qui semble lui convenir (demandez-lui) et demander
aux gens alentour de faire de l’espace, indiquez leur que la situation est contrôlée
et notez le nom de ceux qui se sont offerts de vous aider en cas de besoin plus tard.
- Comment pouvez-vous réduire le risque émotionnel ou physique ? Souvenez-vous
que ce qui vous importe c’est la personne et ce qu’elle vit et non pas la situation en elle-même.
- Paranoïa : si la personne souhaite rester seule, éviter de la fixer mais faites en sorte de toujours
l’avoir au coin de l’œil, aussi discrètement que possible. Imaginez ce que peut ressentir
quelqu’un qui traverse une crise de paranoïa, suivi et contrôlé par un étranger
(même si vous n’êtes pas un étranger il se peut qu’elle pense que vous l’êtes)
- Quels objets, distractions, pourraient aider une personne à passer ce
cap difficile (musique, jouet, animal de compagnie ...)
- "Pas de pression" : Soyez juste là. À moins qu’il y ait un risque de blessure il suffit de
leur indiquer que vous êtes là pour eux.
- Toucher. Toucher quelqu’un peut être très efficace mais aussi très intrusif.
En règle générale, ne toucher la personne en crise que si elle vous a autorisé
à le faire ou si c’est elle qui vous a touché en premier. Si elle est au-delà des mots,
observez si elle réagit négativement à votre contact. Évitez de vous laisser entraîner
à des contacts d’ordre sexuel. Souvent prendre la main est un geste suffisamment fort,
sans être menaçant, pour faire comprendre à quelqu’un que vous êtes là.
- L’intensité de l’expérience peut être cyclique. Ce peut être un système
qui a un début, un milieu et une fin. N’essayez pas de lui faire franchir les étapes trop vite.
- « Ce n’est pas pour toujours » : Si la personne est suffisamment consciente
pour se poser la question de sa propre santé mentale, indiquez-lui que son état
est dû à la consommation d’un produit psychoactif et que quand cela sera le moment
elle retournera à son état normal.
- Dites lui qu’elle expérimente les effets d’un produit psychoactif
(si vous savez lequel dites-le lui) et dites lui que bien que cela soit assez peu fréquent
il est normal de passer par des crises spirituelles de ce type et que si elle se laisse aller
et laisse le produit faire sa route elle sera de nouveau en forme
(comme des milliers d’autres personnes avant elle)
- Respirer : respirez avec elle : Si elle est suffisamment consciente faites
en sorte qu’elle respire à l’unisson avec vous, avec des respirations profondes et lentes.
Si elle est trop loin ou trop paniquée, mettez une main sur son ventre et dites lui de respirez depuis le bas.
- Relax : Se laisser aller alors que vous êtes en train de mourir ou que des démons
sont entrain de vus déchiqueter peut être très difficile ! Indiquez leur que vous vous assurez
que leur enveloppe charnelle ne risque rien. Une des choses les plus importantes
étant de se laisser aller à l’expérience et de ne pas essayer de mettre un terme brutalement à la crise.
- Méditation : Suggérer doucement qu’elle ferme les yeux et qu’elle se concentre sur elle-même.
Cela peut changer le cours des choses.
- Pieds nus : être pieds nus est une expérience très enracinante, qui peut ramener quelqu’un « sur terre ».
Enlevez chaussures et chaussettes et mettez les pieds directement sur le sol...
en évitant les endroits à risque (verre brisé, aiguilles ...)
- Contact visuel : Si la personne n’est ni paranoïaque ni effrayée croisez son regard
le plus possible.
- « Pour moi tout va bien » : Faites lui comprendre qu’alors même que le monde est en train
de s’écrouler pour elle, pour vous, ici et maintenant, tout va bien.
- Processus sain : Les crises font partie du développement psychologique des humains.
C’est ainsi qu’il faut les appréhender et non les transformer en problème à résoudre. Cf Grof, Bill Richard , et al.
- Il est difficile de parler, d’établir le contact avec d’autres, voir même d’être conscient
de la présence d’autrui quand on traverse une crise. Si vous êtes assis avec une personne qui est dans cet état, soyez à l’écoute de ce qu’elle raconte. Si cela paraît utile et approprié vous pouvez leur poser des questions simples sur leur expérience.
- Quelles couleurs vois-tu ? Est ce que tu es triste ? Quel âge as-tu ?
- Il est probable que les réponses soient métaphoriques, peu concrètes :
toutes les couleurs, je suis aussi vieux que la rivière (etc) ne vous attendez
pas à soutenir une conversation normale.
- Certaines personnes ont déclaré qu’une des choses les plus réconfortantes
qu’il soit est d’être enveloppé dans une couverture. Nous ne soulignerons jamais assez l’importance d’avoir à disposition, pour faire face à une urgence, une couverture bien lourde.